Giving kiosk / Borne à don

L’identification des dîmes : Quelle dîme est donc payée par les chrétiens ? (retranscription)


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La dîme chrétienne est-elle réellement biblique ?

AVANT LA LOI DE MOÏSE

Dîme versée par Abraham ou « Dîme du butin »

Références bibliques Genèse 14:10-24; Hébreux 7:1-10
Type/contenu1 Le butin2
(La Parole ne dit rien sur son contenu)
Le(s) donateur(s)
  • Abraham
  • [Le peuple d’Israël (frères de Lévi) à travers les reins d’Abraham
  • Lévi à travers les reins d’Abraham]
Le(s) bénéficiaire(s) Souverain sacrificateur Melchisédech – Jésus Christ de la tribu de Juda
La périodicité Une seule fois
But de ce prélèvement Dieu a donné à Abraham la victoire sur ses ennemis au cours d’une guerre
Lieu de prélèvement (sans doute non loin de la vallée de la plaine, qui est la vallée du roi)
Type d’engagement Volontaire
Rachat des dîmes
Preuve du paiement

1 La dîme de l’hébreux Ma`aser signifie la dixième partie. Durant la loi de Moïse, la dîme était en nature et concernait selon certains passages : tout ce que produit la semence, de ce que rapporte le champ (blé, moût et huile).

D’après d’autres passages, la dîme concerne tant les semences de la terre que des fruits des arbres que la dîme de gros et de menu bétail, pour tout ce qui passe sous la verge, le dixième en étant consacré à l’Éternel (Lévitique 27:30-32 ; 2 Chroniques 31:6).

2 Le butin ne constitue pas le salaire d’Abraham résultant d’un travail mais un trésor résultant d’une guerre. La Bible n’indique pas le contenu de ce butin de guerre. On ne sait pas si le contenu était en nature ou en argent (monnaie).

En se référant à d’autres passages bibliques, nous apprenons que le butin peut constituer des richesses (troupeaux, argent (métal) et or) et des personnes (enfants et femmes) (cf. Genèse 34:27-29 ; Genèse 13:2 version Louis-Segond ; Nombres 31:26 ; Nombres 32-35).

En tout état de cause, ne faisons pas dire à la Parole ce qu’elle ne dit pas explicitement.

Par ailleurs, il convient de préciser qu’Abraham refusa de prendre ce qu’appartenait au roi de Sodome en sorte qu’il ne dise pas : « c’est moi [roi de Sodome] qui ai enrichi Abram » (Genèse 14:21-23).

En d’autres termes, Abraham rendit au roi de Sodome près de 90% restants du butin de guerre (auquel il faut soustraire la nourriture mangée par les jeunes gens ainsi que la part des personnes qui ont accompagné Abraham).

Le patriarche Abraham n’est pas devenu riche en donnant la dîme du butin. Il était déjà fort riche en troupeaux, en argent et en or (genèse 13:2).

Notons également que sous Moïse, la règle de guerre concernant le butin de guerre est de 1/500e de la moitié du butin pour les sacrificateurs soit 0,001% du butin ; 1/50e de la moitié du butin pour les Lévites soit 0,01% du butin (Nombres 31:21-31).

Aujourd’hui, au nom de Yahweh, qui oserait massacrer un peuple, le dépouiller, prendre toutes ses richesses, et donner la dîme du butin à Dieu ?

Dîme conditionnelle promise par Jacob

Références bibliques Genèse 28:10-22; Genèse 31:38-41; Genèse 35
Type/contenu Tout ce que Dieu accordera à Jacob durant son voyage
Le(s) donateur(s) Jacob
Le(s) bénéficiaire(s) Dieu
La périodicité A dû être donnée (au retour chez son père) qu’une seule fois mais la Bible ne précise pas le paiement effectif de cette dîme
Au minimum 20 ans après son départ de chez son père Isaac
But de ce prélèvement Sous condition :
Si Dieu est avec Jacob, et le garde dans ce voyage, et lui donne du pain pour manger, et des habits pour se vêtir,
Et qu’il retourne en paix à la maison de son père, l’Éternel sera son Dieu
Lieu de prélèvement
Type d’engagement Vœu, promesse conditionnelle
Rachat des dîmes
Preuve du paiement

DURANT LA LOI DE MOÏSE

1) Dîme des Lévites (première dîme)

Références bibliques Lévitique 27:30; Nombres 18:5-7; Nombres 18:20-24; Deutéronome 14:27; Néhémie 10:35-39; Néhémie 13:12-13; Hébreux 7:5
Type/contenu En nature : tout ce que produira la semence, de ce que rapportera le champ (blé, moût et huile)
Le(s) donateur(s) Le peuple d’Israël (agriculteur3)
Le(s) bénéficiaire(s) Les fils de Lévi (tous les sacrificateurs sont lévites, mais les lévites ne sont pas tous sacrificateurs)
La périodicité 1 fois par an (excepté la 7e année du cycle septennal et l’année du jubilé)
But de ce prélèvement
  • part des Lévites car ils n’avaient ni portion ni héritage au milieu des enfants d’Israël
  • service au temple (ou tabernacle d’assignation)
Lieu de prélèvement
  1. Avant l’exil à Babylone : Temple de Jérusalem
  2. Au retour de l’exil : Les villes agricoles
Type d’engagement Obligatoire
Rachat des dîmes Dîme payée en argent à condition d’être majorée de vingt pour cent (1/5) de la valeur du produit (Lévitique 27:3; Lévitique 27:31)
Preuve du paiement

3 Dans la mesure où la dîme durant loi de Moïse concernait uniquement les produits de la terre et du bétail (légumes, fruits, agneaux, chèvres, etc.), les donateurs ne pouvaient être que des agriculteurs à l’exclusion des autres professions comme pêcheur et charpentier.

2) Dîme de la dîme

Références bibliques Nombres 18:25-31; Néhémie 10:35-39
Type/contenu En nature : blé, moût et huile
Le(s) donateur(s) Les fils de Lévi
Le(s) bénéficiaire(s) Souverain sacrificateur (Aaron issu de la tribu de Lévi)
La périodicité 1 fois par an (excepté la 7e année du cycle septennal et l’année du jubilé)
But de ce prélèvement Salaire (moyen de subsistance) et service au temple
Lieu de prélèvement
  1. Avant l’exil à Babylone : Temple de Jérusalem
  2. Au retour de l’exil :
    • Les villes agricoles
    • Les Lévites apportent ensuite la dîme de la dîme à la maison de Dieu (Temple de Jérusalem reconstruit), dans les chambres de la maison du trésor (= entrepôt de stockage)
Type d’engagement Obligatoire
Rachat des dîmes
Preuve du paiement

3) Dîme des fêtes4

Références bibliques Deutéronome 12:4-19; Deutéronome 14:22-26
Type/contenu
  1. En nature
    tout ce que produira la semence, de ce que rapportera le champ (blé, moût et huile)
  2. En numéraire (argent)
    si le chemin pour Jérusalem est trop éloigné
Le(s) donateur(s) Le peuple d’Israël (agriculteur)
Le(s) bénéficiaire(s) Le peuple (mangeait sa propre dîme avec sa famille)
La périodicité 1ère, 2e, 4e et 5e année du cycle septennal, semble-t-il trois fois par an
(aucune dîme versée la 7e année du cycle septennal et l’année du jubilé)
But de ce prélèvement Un moment de réjouissance du peuple durant les 3 fêtes annuelles de pèlerinages [fêtes des pains sans levain (la Pâque), de la pentecôte, des tabernacles (Exode 23:14-17; Exode 34:18-22; Lévitique 23:34-44)]
Lieu de prélèvement Temple de Jérusalem
(Lieu choisi par Dieu pour faire y résider son nom)
Type d’engagement Obligatoire
Rachat des dîmes
Preuve du paiement

4 Certains auteurs considèrent que la dîme des fêtes et la « dîme du pauvre » sont deux dîmes différentes. Ainsi, la 3e et la 6e année du cycle septennal, les deux dîmes étaient payées par le peuple (soit 20% des récoltes en sus des 10% à verser aux Lévites pour un total de 30% tous les trois ans). Sauf erreur de notre part, nous pensons au contraire qu’il s’agissait de la même dîme mais utilisée d’une manière différente tous les trois ans.

Peu importe le calcul choisi, les dîmes payées par le peuple (dîme des Lévites, dîme des fêtes et « dîme du pauvre ») représentaient a minima une taxe de 20% de leurs produits !

Sachant que l’église enseigne à payer une dîme correspondant à uniquement 10% des revenus, trompons-nous tous Dieu et sommes-nous tous frappés par la malédiction (Malachie 3:7-18) ?

4) L’année de la dîme ou « dîme du pauvre »4

Références bibliques Deutéronome 14:28-29; Deutéronome 26:12-13
Type/contenu En nature : tout ce que produira la semence, de ce que rapportera le champ
Le(s) donateur(s) Le peuple d’Israël (agriculteur)
Le(s) bénéficiaire(s) Le Lévite, l’étranger, l’orphelin et la veuve
La périodicité 1 fois tous les trois ans au cours de la 3e et 6e année du cycle septennal
(aucune dîme versée la 7e année du cycle septennal et l’année du jubilé)
But de ce prélèvement Une sorte de sécurité sociale pour les nécessiteux
Lieu de prélèvement Dans ses portes (= dans sa propre ville)
Type d’engagement Obligatoire
Rachat des dîmes
Preuve du paiement Le donateur devait affirmer, devant Dieu, qu’il n’avait rien gardé de cette dîme. (Deutéronome 26:13)

Aucune dîme n’est versée la 7e année du cycle septennal : l’année sabbatique (année de relâche = chemitta) et l’année du jubilé – Exode 23:10-11; Lévitique 25:1-23
(http://fr.wikipedia.org/wiki/Chemitta)

DURANT LA NOUVELLE ALLIANCE – LE NOUVEAU TESTAMENT5
Aujourd’hui dans l’Eglise

« Dîme chrétienne » ou « Dîme du pasteur »6

Références bibliques Aucun texte biblique
(con)fusion des dîmes de l’Ancien Testament et de la tradition des hommes7
Type/contenu1
  • En numéraire (argent)8 : pièce de monnaie, billets de banque, chèque, carte bancaire
  • sur tout type de revenus9 (salaire brut10, allocations familiales, pension alimentaire, retraite, assurance chômage, bourse d’étude, dons et offrandes reçus, intérêts versés par la banque sur l’épargne bancaire, argent de poche…)
Le(s) donateur(s) Les sacrificateurs11 laïcs = Le peuple (exerçant tout type de profession)12
Tout chrétien né de nouveau, enfant, adulte, pauvre, riche, veuve, orphelin, étranger13, toute tribu, toute nationalité…
Tous les ministres de Dieu (apôtre, évangéliste, docteur, prophète, parfois le pasteur)
Le(s) bénéficiaire(s) Le sacrificateur11 = le pasteur14 de l’église locale (voire le « corps » pastoral)
La périodicité Généralement tous les mois15 soit 12 fois par an
Il n’y a pas de cycle septennal
Les années sabbatiques et du jubilé ne sont pas observées16
But de ce prélèvement
  • Salaire du pasteur pour le service au sein de l’édifice religieux appelé église ou temple17
  • Entretien du temple
    (loyer, facture d’électricité, eau,…)
Lieu de prélèvement
  • Dans l’enceinte du bâtiment d’église17; le temple peut être situé dans n’importe quelle ville
  • ou par virement bancaire18
    (possible en ligne sur internet ou au guichet19)
    vers le compte en banque20 de l’église locale
Type d’engagement
  • Pour les partisans21 de cette pratique légaliste :
    Obligatoire
    Il faut mettre Dieu à l’épreuve22 (Malachie 3:10-11)
  • Pour les autres :
    la dîme constituante de la loi cérémonielle a été abolie
Rachat des dîmes
Preuve du paiement
  • remise en main propre devant les fidèles
  • enveloppe spécifique pour les dîmes (et parfois prière24 particulière pour les donateurs)
  • carte de dîme25
  • reçu de carte bancaire

5 La division de la Bible nous induit fréquemment en erreur. Nous pensons que la loi mosaïque a définitivement pris fin ou a été accomplie dès les premières lectures du livre du Nouveau Testament (l’Evangile selon Matthieu). Or, « la nouvelle alliance » a débuté lors du sacrifice à la croix de Jésus-Christ. Issu de la tribu de Juda, notre Seigneur est en conséquence né sous la loi de Moïse.

Hormis Hébreux chapitre 7, les rares passages faisant référence à la dîme dans le Nouveau Testament (selon la division de la Bible) sont lorsque Jésus reproche aux pharisiens de se vanter de pratiquer toute la Loi (notamment le paiement de la dîme) alors qu’ils oubliaient de produire l’amour de Dieu, la justice, la miséricorde et la fidélité (Matthieu 23:23 ; Luc 11:42). Les pharisiens étaient attachés aux coutumes et traditions juives, et pratiquaient une religion formaliste et légaliste sans miséricorde.

Dans la parabole donnée par Jésus (Luc 18:9-14), qui a été justifié le pharisien (qui donne sa dîme) ou le péager ?

[Jésus] dit aussi cette parabole, au sujet des gens persuadés en eux-mêmes qu’ils étaient justes, et qui méprisaient les autres: Deux hommes montèrent au temple pour prier; l’un était pharisien, et l’autre péager. Le pharisien se tenant debout, priait ainsi en lui-même: O Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ni aussi comme ce péager; Je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tout ce que je possède. Mais le péager, se tenant éloigné, n’osait pas même lever les yeux au ciel; mais il se frappait la poitrine, en disant: O Dieu, sois apaisé envers moi qui suis pécheur!
Je vous le dis, celui-ci redescendit justifié dans sa maison préférablement à l’autre; car quiconque s’élève sera abaissé, et quiconque s’abaisse sera élevé.

6 Nous sommes étrangement passés de 4 dîmes selon la loi mosaïque à 1 dîme. Cette dernière ne correspond à aucune des 4 dîmes de la loi ni même aux dîmes d’Abraham et Jacob. Nous avons donc arbitrairement nommé cette dîme par les termes « dîme chrétienne » ou « dîme du pasteur » qui ne sont bien évidemment pas des termes bibliques.

7 Cyprien de Carthage (200-258 après JC) fut le premier auteur chrétien à mentionner la pratique de soutenir financièrement le clergé. Comme les juifs soutenaient les lévites sous la loi de Moïse, il a demandé à ce que les chrétiens soutiennent leur clergé avec la dîme.
Source : Le christianisme paganisé, les origines de nos pratiques modernes d’église, Franck A Viola, traduit par Guy Saint Pierre, p.95

En France, le paiement de la dîme devint une obligation religieuse en 585 et une obligation civile sous Charlemagne (779 et 794). Frappant tous les possesseurs de terres, variant en fait entre le onzième et le treizième des produits de la terre et de l’élevage, la dîme était destinée à permettre à l’Église d’assurer la subsistance des ministres du culte, l’entretien des bâtiments du culte et l’assistance des pauvres.

Source : http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/d%C3%AEme/43554

8 Or selon la loi de Moïse, la dîme était en argent uniquement dans deux cas précis :

  1. Si le chemin pour Jérusalem était trop éloigné et que le donateur ne pouvait pas se déplacer avec sa dîme en nature (nourriture).
    Dans ce cas, il était permis de vendre les biens et apporter l’argent correspondant à Jérusalem pour s’y réjouir durant les fêtes religieuses (Deutéronome 14:22-26)
  2. Si on souhaitait donner en numéraire, dans ce cas il y avait une « pénalité » de 20% (un cinquième) supplémentaire de la valeur du produit (Lévitique 27:13 ; 31).

9 Or selon la loi de Moïse, la dîme était en nature (produit de la terre, bétail…) sous réserve des cas visés ci-avant.

10 En France, le salaire brut est le salaire avant déduction des cotisations sociales obligatoires ; celles-ci comprennent notamment les cotisations de chômage et les cotisations de retraite complémentaire. http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F2302.xhtml

Ainsi, un salarié cotise pour son assurance chômage et pour sa future retraite. Dans l’hypothèse où un chrétien paie la dîme sur son salaire brut, il paie indirectement la dîme sur son assurance chômage ou retraite qu’il percevra au moment du chômage ou de sa retraite.

Est-ce qu’il devra de nouveau payer la dîme sur son assurance chômage ou sa retraite effectivement perçue au moment du chômage ou de la retraite ? Cela n’a aucun sens s’il paie de nouveau sa dîme puisqu’il l’a déjà payée sur le salaire brut !

11 Durant l’ancienne alliance, la sacrificature était exclusivement réservée aux fils de Lévi. La dîme reposait sur ce sacerdoce lévitique (Hébreux 7:11). Tout chrétien né de nouveau est un sacrificateur (1 Pierre 2:9 ; Apocalypse 1:5-6).

En conséquence,

le sacerdoce étant changé, il est nécessaire qu’il y ait aussi un changement de loi (Hébreux 7:12).

12 Or dans l’ancienne alliance, toutes les professions n’étaient pas concernées par la dîme. Le fleuve du Jourdain et la mer méditerranée bordent Israël pourtant le Seigneur n’a jamais parlé de dîme sur les produits de la mer (les poissons).

Jésus charpentier et Simon Pierre pêcheur ne payaient pas la dîme sur les revenus issus de leur profession.

13 Malheureusement la veuve, l’orphelin et l’étranger ne perçoivent plus la dîme (cf. l’année de la dîme ou « dîme du pauvre »). Pourtant, l’Eternel des armées met en garde de juger ceux « qui oppriment la veuve et l’orphelin, qui font tort à l’étranger, et qui ne (le) craignent pas » (Malachie 3 v5 ; verset à mettre en lien avec Malachie 3:7-18). Le Seigneur frappe de malédiction la nation toute entière car Il lui reproche de Le tromper (voler selon les traductions) dans les dîmes et les offrandes.

Le terme ‘dîme’ est au pluriel et inclut nécessairement (mais pas seulement) « la dîme du pauvre » (l’année de la dîme) ! Dans la mesure où cette dîme n’est pas versée, le peuple opprime d’une certaine manière la veuve, l’orphelin et l’étranger. Existe-t-il un chrétien qui a déjà donné sa dîme à un païen (l’étranger ; pour la définition cf. Ephésien 2 :11-13) ?

Sachant que l’église n’enseigne pas le paiement de la « dîme du pauvre », trompons-nous tous Dieu et sommes nous en conséquence tous frappés par la malédiction (Malachie 3 :7-18) ?

Nous opprimons également les pauvres (notamment vivant avec 1$ dollar par jour) puisqu’ils paient la dîme sur les allocations familiales et les revenus de solidarité (type RSA en France). Le revenu de solidarité active est destiné à assurer aux personnes sans ressource ou disposant de faibles ressources un niveau minimum de revenu variable selon la composition de leur foyer. http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/N19775.xhtml

14 Le pasteur, est-il de la tribu de Lévi, fils d’Aaron ? Est-il souverain sacrificateur (des temps modernes) selon l’ordre d’Aaron ou de Melchisédech ? Pourquoi les chantres et les portiers de nos assemblées ne perçoivent-ils pas la dîme or ce fut le cas lors du retour de l’exil de Babylone (Néhémie 10:35-40 ; 12:44-47) ? Pourquoi le pasteur (sacrificateur) ne nous donne-t-il pas sa dîme (nous sommes pourtant sacrificateurs) ?

En tout état de cause, le pasteur n’est pas un « Lévite spirituel », cette doctrine est non scripturaire.

15 C’est une nouveauté. La dîme n’a jamais été mensuelle !

16 Pourquoi le reste de la loi n’est-il pas observé plus particulièrement les années sabbatiques et du jubilé ? Pourtant, la Parole de Dieu enseigne que ceux qui

s’attachent aux œuvres de la loi, sont sous la malédiction, puisqu’il est écrit: Maudit est quiconque ne persévère pas à faire toutes les choses qui sont écrites dans le livre de la loi! (Galates 3:10-11).

Voir aussi

Car, quiconque aura observé toute la loi, s’il vient à pécher dans un seul point, devient coupable de tous (Jacques 2:10).

Aujourd’hui, les juifs observent l’année sabbatique mais de manière controversée. Durant l’année en question, les propriétaires juifs vendent leurs terres aux non-juifs (arabes…) pour une durée limitée d’1 an. Cela permet aux propriétaires juifs de continuer à travailler leurs terres.

C’est un moyen de contourner la loi relative à l’année sabbatique. A l’issue de l’année, les propriétaires juifs récupèrent leurs terres.
http://www.nytimes.com/2000/09/17/opinion/l-israeli-land-and-law-166510.htm

17 Le temple de Jérusalem n’existe plus, il a été détruit en 70 après JC par les romains, il ne reste aujourd’hui que le mur des lamentations (mur occidental). Jésus a prophétisé sur la destruction du temple (Matthieu 24:1-2).

Contrairement aux idées reçues, le bâtiment d’église n’est pas le temple de Dieu (ni sa maison). Dans le cadre de la nouvelle alliance, le corps du chrétien est le temple du Saint-Esprit et les chrétiens forment l’ekklesia qui est une « une maison spirituelle » (Ephésiens 2:19-22 ; 1 Pierre 2:4-6 ; 1 corinthiens 3:16-17 ; 2 corinthiens 6:16).

Par abus de langage, nous disons que nous allons à l’église (bâtiment). Il est plus juste de dire « nous allons rencontrer l’église (hommes et femmes) ».

18 Le système du « e-tithing » permet au fidèle de payer sa dîme par virement bancaire automatique. Nous lisons sur la page d’accueil du site Internet eTithing.org :

Give your tithe online. You can use our site to give your tithe directly to your local house of worship right from your computer’s browser, at your convenience.

Traduction libre :

Donnez votre dime en ligne. Vous pouvez utiliser notre site pour donner votre dîme directement à votre église locale depuis le navigateur de votre ordinateur, à votre convenance.

19 Dr Marty Baker (fondateur et pasteur de l’église Stevens Creek Church, en Géorgie, USA) a eu l’idée d’installer en 2005 dans son église locale un guichet appelé le « Giving kiosk » (*littéralement la « borne à don ») permettant aux fidèles de contribuer à l’œuvre de Dieu par les dîmes et offrandes avec l’usage de leur carte de crédit.
http://ministrytodaymag.com/index.php/ministry-facilities/equipment/16156-direct-donations

Giving kiosk / Borne à don

Giving kiosk / Borne à don

La borne également appelée « ATM for Jesus » (*DAB pour Jésus) encaisse les dons et délivre un reçu. Le fidèle peut aussi accumuler des miles (*points de fidélité/bonus de compagnie aérienne) à partir de sa carte de crédit. Source :
http://articles.latimes.com/2006/sep/28/nation/na-holyatm28

20 S’agit-il de la version moderne des chambres de la maison du trésor (= entrepôt de stockage) ?

21 Selon les partisans du maintien de la dîme, celle-ci est toujours en vigueur. Il s’agit d’une loi perpétuelle (Nombres 18:19) et l’Eternel ne change pas (Malachie 3:6). Jésus n’est pas venu abolir la loi ou les prophètes mais pour accomplir (Mathieu 5:17). La dîme ne ferait pas partie de la loi cérémonielle. D’ailleurs de nombreuses personnes ont été bénies après avoir respecté la loi de la dîme.

Les non-partisans du maintien de la dîme répondent que cela est tout à fait possible. Dieu bénit qui, Il veut. Toutefois, le Seigneur a mis à notre disposition sa sainte Ecriture afin qu’elle nous serve de guide avec l’assistance du Saint Esprit.

Nos expériences personnelles ne peuvent être placées au niveau ou au-dessus de la Parole de Dieu. Savez-vous que la vierge Marie serait apparue à plusieurs reprises depuis sa mort et aurait discuté avec les témoins de cette apparition mariale ? Est-ce pour autant que vous iriez prier la vierge Marie ?

Par ailleurs, certains partisans de la dîme prétendent qu’ils appliquent la dîme du butin donnée avant la Loi par Abraham, le père de la foi et l’exemple à suivre. Ils soutiennent également que la « dîme chrétienne » doit être donnée à la personne qui fournit le pain (l’enseignement) et le vin (?).

Notre réponse : Jésus est notre pain quotidien et son sang (vin) a coulé à la croix pour nos péchés. En vous basant uniquement sur la dîme du butin, comment parvenez-vous à établir la « dîme du pasteur » (obligatoire, en numéraire, mensuelle, sur tous les métiers, à verser au pasteur dans le bâtiment d’église) ?

22 Il se développe aux Etats-Unis un nouveau service appelé « the tithing challenge » (littéralement « *le défi [ou la mise à l’épreuve] de la dîme). L’église, promoteur de ce service, garantit au fidèle le remboursement de la totalité de sa dîme payée sur une période de 90 jours, si durant ladite période, le Seigneur n’aurait pas réalisé sa promesse. http://www.thrivechurch.com/tithing-challenge

En d’autres termes, il s’agit de mettre à l’épreuve le Seigneur et d’ainsi jouir des bénédictions sans mesure promises en Malachie 3.

Voici un extrait des termes du contrat qui sera passé entre le paroissien et l’église River crossing (Etats-Unis) (l’intégralité des termes du contrat est disponible sur http://www.riverscrossing.com/give/tithing-challenge) :

At the end of the three-month period, if I am not convinced of God’s faithfulness to bless my life as a result of my obedience to His Word, then I will be entitled to request a refund of the full amount of contributions made during that 90-day period.

Traduction libre :

A l’issue de la période de trois mois, si je [le paroissien] ne suis pas convaincu de la fidélité de Dieu à bénir ma vie à la suite de mon obéissance à Sa Parole, alors je serai en droit de demander un remboursement de la totalité du montant des contributions [dîmes] versées au cours de cette période de 90 jours.

Le concept du « tithing challenge » est assez original et surprenant, il implique que l’action de Dieu se limite à une base trimestrielle. Que se passera-t-il si le Seigneur bénit le fidèle le 91e jour ? Qui connaît le temps de Dieu pour sa bénédiction à moins que ce temps lui soit révélé par le Saint-Esprit ? Qui sommes-nous pour imposer un délai à Dieu? Le concept semble s’appuyer sur la dîme conditionnelle promise par Jacob (Genèse 28:10-22).

En réponse au concept du « tithing challenge », un bloggeur propose avec humour le concept du « Reverse Tithing Challenge » (littéralement « *le contraire [ou l’inverse] du défi de la dîme ») résumé par la phrase suivante :

Ne donnez rien [sous-entendu la dîme] à l’église et voyez si Dieu vous maudit effectivement.

http://fbcjaxwatchdog.blogspot.fr/2012/10/professor-watchdog-issues-reverse.html

23 Selon les non-partisans du maintien de la dîme, la loi cérémonielle (Hébreux 9:1) ainsi que la loi sociale/civile (Exode 21:1-24) ont été abolies. La dîme n’est plus d’actualité car elle était attachée au sacerdoce lévitique qui a été supprimé lors du sacrifice à la croix du Seigneur Jésus (Hébreux 7:12-19; Hébreux 9:1; Galates 3:10-14; Romains 10:4; Colossiens 2:13-15). En revanche, la loi morale (Exode 20:1-17 « dix commandements », « l’amour du prochain » Galates 5:14…) est toujours en vigueur.

Les non-partisans du maintien de la dîme soutiennent également que plusieurs lois perpétuelles ne sont pas observées par les chrétiens « pro-dîmes » (Lévitique 23:26-31; Lévitique 24:8; Nombres 10:8 …).

La célébration des 7 fêtes de l’Eternel est une loi perpétuelle (Lévitique 23:34-41). Allons-nous chaque année à Jérusalem pour célébrer les fêtes… ?

24 Les « payeurs de dîme » bénéficient parfois d’une prière spécifique et différente de la prière pour les fidèles qui donnent les offrandes. Il sera demandé aux « payeurs de dîmes » de se présenter devant la chaire et aux « donneurs d’offrande » de rester à leur chaise.

Pourquoi faisons-nous la différence entre celui qui donne les offrandes et celui qui donne la(les) dîme(s) or l’Eternel a dit qu’il fera la « différence entre le juste et le méchant, entre celui qui sert Dieu et celui qui ne le sert pas » (Malachie 3:18) ?

25 Il est remis aux paroissiens une carte de dîme personnelle qu’ils conservent soigneusement dans leur portefeuille, à l’instar d’une carte de transport ou d’une carte de crédit. La carte de dîme comportera 12 cases qui correspondent aux 12 mois de l’année (voir Annexe 3 – Modèle carte de dîme). Dès lors que le paroissien est à jour dans le paiement de sa dîme mensuelle, sa carte de dîme est tamponnée chaque mois, généralement, par le service comptabilité de l’église locale. A l’issue de l’année, le paroissien fidèle aura normalement les 12 cases de sa carte de dîme tamponnées. N’est-ce pas un contrôle du peuple ?

ANNEXE 1 : Particularité de la « dîme du roi Saül »
DURANT LE REGNE DE SAUL SOUS LA LOI DE MOÏSE

« Dîme du roi Saül »

Références bibliques 1 Samuel 8:5-22; 1 Samuel 10
Type/contenu En nature :
le produit de la semence et des vignes ainsi que les troupeaux
Le(s) donateur(s) Tout le peuple d’Israël
Le(s) bénéficiaire(s) Le roi Saül ses eunuques et serviteurs
La périodicité
But de ce prélèvement Le peuple a rejeté l’Eternel, son Roi. L’une des sanctions est le prélèvement de la dîme par le futur roi26
Lieu de prélèvement
Type d’engagement Obligatoire
Rachat des dîmes
Preuve du paiement

26 Ne souhaitant plus être sous une théocratie, le peuple d’Israël demande à l’Eternel : un roi. Le prophète Samuel prophétise au peuple les mises en garde de l’Eternel notamment le prélèvement de la dîme par le futur roi (Saül). Aucun verset ne précise si cette dîme concerne toutes les dîmes de la Loi de Moïse. Le versement effectif par le peuple n’est d’ailleurs pas mentionné.

Il se pourrait qu’un jour, les chrétiens « pro-dîmes » ordonnent aux fidèles de payer leurs dîmes au Président de la République en fonction (« le roi »). Nous n’y croyons guère car ce serait une perte de revenus pour les collecteurs de la « dîme du pasteur »…

ANNEXE 2 : Tableau récapitulatif

Le système de dîme s’inscrit dans une période de 50 années : 7 cycles de 7 années (7×7 = 49). La 7e année du cycle septennal est l’année sabbatique (chemitta). Le jubilé est la 50e année (Lévitique 25:1-23). La dîme n’est pas versée les années du chemitta et jubilé. Il est à noter que le calendrier hébraïque est différent du calendrier grégorien utilisé par les occidentaux.

La prochaine année sabbatique débutera la veille au soir du 25 septembre 2014 et prendra fin le 13 septembre 2015
http://fr.wikipedia.org/wiki/5775_(ann%C3%A9e_h%C3%A9bra%C3%AFque).

Est-ce que les collecteurs de la dîme chrétienne observeront cette année sabbatique ?

Tableau récapitulatif des dîmes

ANNEXE 3 : Modèle carte de dîme

Les références de l’église produisant cette carte de dîme ont été volontairement masquées.

Carte de dîme

Carte de dîme

ANNEXE 4 : Mise en garde contre les fausses doctrines

De fausses doctrines sont enseignées par les « dimovores » / « dimeurs de bonnes aventures » :

  • Jésus est la dîme de Dieu.
    Blasphème ! Jésus sur terre était 100% homme et 100% Dieu car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité (Colossiens 2:9).
  • Lucifer a été chassé des cieux car il ne payait pas la dîme.
    Faux, il s’est enorgueilli à cause de sa beauté et a laissé sa splendeur pervertir sa sagesse (Esaïe 14:11-15 ; Ezéchiel 28:11-19).
  • Le pasteur est un « Lévite spirituel » et la dîme lui est réservée.
    Quel verset affirme cela ? Le pasteur est tout sauf lévite, il est français, congolais, ivoirien, américain…
  • Le droit de prédicateur correspond à la dîme.
    Faux. Aucun verset ne soutient cette thèse. On fait dire à Paul ce qu’il n’a pas dit.
  • Ananias et Saphira sont morts parce qu’ils devaient déposer aux pieds des apôtres la totalité de leur dîme mais ils ont conservé une partie de cette dîme.
    Faux, il s’agissait du prix de vente d’une propriété dont le couple a retenu une partie du prix (Actes 5:1-11).
  • Il n’y a que ceux qui prêchent l’Evangile qui sont comparés aux sacrificateurs qui vivaient des dîmes et offrandes (1 Corinthiens 9:13-14).
    Tous les moyens sont bons pour dépouiller le peuple ! Tous les chrétiens sont sacrificateurs appelés à servir Dieu (Apocalypse 1:6).
  • Les personnes qui ne paient pas la dîme iront en enfer.
    Arrêtez de condamner le peuple !

Conclusion

La formule latine « sola scriptura » (l’Ecriture seule) semble ne plus être l’un des piliers du protestantisme. La « dîme chrétienne » ou « dîme du pasteur », dans sa forme actuelle, ne repose sur aucun fondement biblique et constitue un mélange hasardeux entre les 6 dîmes de l’ancienne alliance et les traditions humaines.

Comme le souligne, l’auteur Matthew E. Narramore, dans la préface de « Tithing Low-Realm, Obsolete & Defunct, Tekoa Publishing » :

La dîme n’est que la pointe de l’iceberg des mentalités charnelles qui dominent la plupart du christianisme.

Auteur

Hugues N., 16 septembre 2014

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Sources

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